A quelques jours de la sortie de mon roman d’anticipation politique « Et si on coupait la France en deux » qui raconte comment une dispute familiale va conduire, en 2034, à la partition géopolitique du Pays (d’un côté on gouverne à gauche de l’autre à droite), j’ai eu envie d’interroger mes proches, collègues et relations. 127 d’entre eux, de tous âges et d’orientations politiques diverses, m’ont répondu, merci à eux !
1er constat : oui ça cause politique et souvent !

Alors qu’on nous raconte souvent que les français se désintéressent de la politique, et bien dans l’enquête c’est tout le contraire ! Ce qui confirme d’ailleurs ce que je vois quotidiennement dans mon métier d’animatrice de débats. 80% parlent politique avec tout ou partie de leur famille. Ils en causent le plus souvent à table, et disons que les repas sont parfois animés. Dans 4 cas sur 10 ça chauffe, et pour 16% ça part souvent en vrille. Peut-être est-ce dû au fait que même famille ne veut pas toujours dire même famille politique ?
Avec les ami.e.s, on en cause encore plus souvent, et les crispations sont bien plus rares. Il faut dire que dans plus des 2/3 des cas le groupe d’ami.e.s partagent la même orientation politique. On ne choisit pas sa famille mais ses amis oui… !

Quant aux échanges avec les collègues, on est manifestement plus prudent. Seule la moitié évoquent des discussions politiques, sans doute parce dans plus d’un cas sur deux, mêmes collègues ne veut pas dire même famille politique et qu’il vaut mieux s’abstenir : « pour éviter d’éventuels conflits », « parce que ça risque trop de dégénérer » ou encore parce que l’on sait « qu’on n’est pas du tout d’accord ». On les comprend…
Et pourquoi on en cause ? Parce qu’on est concerné ! C’est le premier motif évoqué dans l’enquête, on parle politique avec sa famille, ses ami.e.s ou collègues parce que « la politique c’est important » ! Et aussi parce qu’en parler ça permet de « mieux se comprendre, de s’écouter, d’apprendre des choses »… et qui sait peut-être même de « faire évoluer les points de vue » !
Et bien sûr, je n’ai pas pu résister à l’envie de leur demander ce qu’ils feraient si mon livre «Et si on coupait la France en deux » devenait réalité…

Eh bien, en premier lieu ils croisent les doigts d’habiter du bon côté ! Et pour près des deux tiers, notamment les plus jeunes, ils font leurs cartons et déménagent pour aller du côté le plus en phase avec leurs convictions (ou aimeraient le faire). Quelques-uns, notamment ceux qui se déclarent « plutôt du centre » imaginent s’installer au milieu « un pied à gauche et l’autre à droite », d’autres quittent le pays. Et seuls 14% disent qu’il ne serait pas question de déménager et « qu’ils feraient avec ».
Et dire qu’on raconte que les français s’en fichent…